Les plans B, aussi, ont de la saveur

Une licence d’économie à l’Université quand le plan A était une bonne prépa,;Paris Nanterre en droit, quand on visait Panthéon-Sorbonne ou Assas; une licence de sciences politiques quand on espérait Sciences Po. C’est ce qu’on appelle des plans B. Au sortir du lycée, tout le monde est encouragé à avoir des plans B, y compris quand tout semble gagné d’avance, tant l’aléa est présent dans les processus d’admission. Seulement, quand on doit finalement se résoudre, non plus seulement à envisager mais à accepter un plan B, faute de mieux, c’est la soupe à la grimace. Normal. Un plan B est un plan B.
Et c’est pourtant là qu’il va falloir mesurer qu’entre un plan A et un plan B, il n’y a pas toujours, en fait, une grande différence. Explications.
D’abord, un plan B doit toujours faire partie d’une feuille de route cohérente. Une licence d’économie n’est par exemple pas un plan B pour des plans A en sciences (prépa, université); c’est juste une grossière erreur de stratégie. Si votre plan B est toujours cohérent avec votre feuille de route globale, le principal est préservé : vous allez étudier ce dont vous avez envie. On peut dire à ce stade que les meubles sont sauvés à 70 %.
Ensuite, ce qui va compter plus que tout, ce sont les résultats obtenus au cours des études. Avoir un excellent dossier académique est la meilleure chose qui puisse vous arriver. Un plan B avec de très bons résultats vaut largement un plan A. Nous voici alors à 90 % voire 100 %. Quand on dit « vaut », c’est, essentiellement, à la lumière des admissions en master. Et c’est bien là que se situe la clé qui doit vous remobiliser à tout prix : un plan B n’est à ce stade qu’une étape, qui peut largement se transformer en plan A en master (même avant le niveau master, vous aurez souvent des passerelles possibles, quasiment chaque année) . Que la première étape d’un parcours universitaire ne se fasse pas exactement là où on l’aurait souhaité n’a rien de grave. C’est le niveau master qui doit vous mobiliser et qui va compter.
Le sale plan B, c’est celui qui implique un effet de non-retour vers votre projet initial, engendre une voie de garage. Vous voulez faire des études scientifiques; faute d’admission vous partez en licence de gestion/business; sans reprise d’études scientifiques, vous n’atteindrez jamais votre projet. Hormis les erreurs grossières d’orientation comme celle-ci, la plupart du temps, la voie reste très ouverte.
Au delà de la partie académique, les stages, les expériences professionnelles, y compris atypiques (travailler pendant 1 journée par semaine dans un cabinet d’avocats quand on est en droit par exemple), les concours dans votre spécialité (éloquence, droit…), les lectures, les conférences auxquelles vous pouvez assister… sont autant d’éléments qui vont enrichir votre parcours et sur lesquels vous avez la main.
Et voici donc le vrai sujet : un plan A correspond souvent à une marque puissante qui vous apporte du crédit; sans cette marque, la puissance est à chercher chez vous, de votre côté. Le plan B, c’est un recentrage sur soi, sur votre personne. Vous ne pouvez pas seulement vous reposer sur une institution; vous devez vous mobiliser pour enrichir votre CV de bons résultats, d’expériences. Vous avez les cartes en main.
Le plan B n’est donc pas une dépossession mais, au contraire, une puissante invitation à construire par soi-même, pour ensuite, éventuellement, rejoindre un plan A. Eventuellement, parce qu’il est aussi probable que vous deveniez un A sans passer par le plan A ! Dans tous les cas, vous avez les moyens de bâtir un parcours d’une richesse incroyable.
François Morin
Coach admissions




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