top of page
Rechercher

La théorie des portes ouvertes ou comment ne jamais s’engager


Un réflexe de survie gagne une partie non négligeable des lycéens et des étudiants en premier cycle avec, souvent, les parents à la barre : garder un maximum de portes ouvertes. L’idée serait de toujours faire les choix, d’orientation, de spécialités qui donnent le plus de possibilités à l’avenir; bref faire le choix du non-choix.


Cette stratégie a du sens lorsque l’on est indéterminé dans son projet d’étude, voire professionnel. Et franchement, à 16, 18 ou 20 ans, c’est bien normal. Dans ce cas, le bon vieux choix des matières scientifiques qui « mènent à tout », lorsqu’on en a les capacités, trône en haut du podium. Et effectivement, en gardant mathématiques et physique par exemple en terminale, on s’offre la possibilité d’études scientifiques, en prépa ou à l’université, tout en étant dans les clous pour les écoles de commerce ou le droit. Alors que le choix d’un HGGSP ou SES ferme définitivement les portes des formations scientifiques. Dans cet exemple, quand on est bon partout et qu’on ne sait pas ce que l’on veut faire, la stratégie des portes ouvertes est bonne.


Le problème vient quand elle est érigée en principe universel. Garder les portes ouvertes est tout au plus une stratégie de retardement, une façon de combler intelligemment un manque d’inspiration, de projection; on reporte la décision à plus tard. C’est tout. Elle doit donc être violemment contrariée, d’abord par l’émission d’un projet d’étude/professionnel fondé, argumenté. Un élève de seconde qui ressent un intérêt fort pour les sciences sociales (histoire, économie, sciences politiques) et un désintérêt pour les matières scientifiques n’a aucun intérêt à prendre physique ou svt en spécialités, « au cas où ». Tout simplement parce que la probabilité qu’il se dirige ensuite vers des études scientifiques est nulle.  Beaucoup de parents font des blocages là-dessus et ne font que faire perdre du temps à leur progéniture; parce que si son intérêt est vraiment dans les sciences sociales, et qu’elle ne se dirigera de toute façon pas vers des études scientifiques, autant qu’elle devienne vraiment forte en sciences sociales et prenne les spécialités afférentes. Savoir ce que l’on veut faire, pour peu que le choix soit fondé, ce n’est pas rien, c’est précieux même. La stratégie des portes ouvertes est ici une très mauvaise stratégie.


La stratégie devient carrément catastrophique lorsque l’élève n’est pas bon dans les matières permettant de garder les portes ouvertes. On voit, pour rester sur le même exemple, un nombre surprenant d’élèves très moyens en maths et en physique garder ces spécialités, avec des résultats moyens ou, médiocres quand ils auraient pu briller ailleurs. Dans le supérieur, il en va de même avec le choix de cursus comme économie-gestion, cursus sans grande saveur mais qui permettent toujours de garder les portes-ouvertes. Résultat : quand on postule en business school ensuite, on fait partie du giga-lot des étudiants-qui-n’ont-pas-voulu-se-fermer-de-porte et on ne se distingue pas. 


Donc, quand on sait ce que l’on veut, que ce choix est mûri, on se donne les moyens de creuser son sillon, plutôt que de vouloir garder les portes ouvertes. La maturité est une chance, il faut en profiter.


François Morin

Coach admissions

 
 
 

Commentaires


© 2012-2026 François Morin

bottom of page