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Le calendrier du jardinier

15 oct.
3 min de lecture

Les études ressemblent à un jardin : il faut semer avant de récolter. L’analogie est loin d’être gratuite. Et tout jardinier a son calendrier. Un calendrier qui lui permet certes de ne pas manquer des échéances importantes mais surtout d’anticiper. Un bon jardinier cherchera toujours à enrichir sa terre plutôt qu’à alimenter directement ses plantes; entendez à avoir un substrat fertile, structuré, amendé, solide plutôt qu’à mettre des engrais au dernier instant. Traduction : les meilleurs dossiers se construisent lentement, avec du temps, pour l’entrée dans le supérieur comme en master.


Dans le premier cas, les premières décisions peuvent être prises dès la sortie du collège. Commencer un dual diploma ou une section internationale, une langue rare, prendre une option cinéma, envisager une implication associative. Les stages et expériences professionnelles débutent là aussi. Les premiers jalons de projets d’études supérieures peuvent commencer à être posés. L’année de première est vraiment déterminante, par le choix des spécialités, par des lectures approfondies sur des sujets, par une implication associative plus grande, la préparation de concours, de mathématiques par exemple pour les scientifiques. C’est aussi l’année où l’on se déplace sur les campus, où l’on va renifler pour confirmer ou infirmer ses choix; et quand on ne se déplace pas, on participe au moins aux webinaires proposés par les établissements. C’est enfin l’année où l’on prépare idéalement les tests demandés pour entrer dans des programmes, comme les tests d’anglais ou le SAT. Idéalement, on arrive en terminale avec ses tests déjà en main, prêt à postuler; cela soulage nettement l’année de terminale et cela permet d’entrevoir les early admissions lorsqu’elles sont proposées. Il faut bien anticiper qu’un SAT ou un IELTS pour lequel on aurait des difficultés sur un des modules peut nécessiter un long travail; peu compatible avec le calendrier de terminale. La terminale doit être dédiée à la seule poursuite des activités entamées les années précédentes et aux candidatures.


Dans le deuxième cas, la ligne de mire est le passage en master, trois ans après l’entrée dans le supérieur. Là, aussi, l’anticipation peut procurer un vrai avantage. La première année sera essentiellement académique, il n’y a pas d’autres choses à avoir en tête que de faire son nid dans un environnement nouveau. Il est néanmoins utile de commencer à penser à ce que pourrait être un investissement associatif solide à partir de l’année suivante, d’envisager un stage dès le premier été et de se renseigner sur les process pour partir à l’étranger en 2e ou 3e année, souvent en 3e année. Ces renseignements pris vous permettront de maîtriser le calendrier de candidature pour les échanges et surtout les critères de sélection, qu’il vaut mieux intégrer dès le début, pour essayer de les remplir. La deuxième année doit déjà permettre les premières curiosités d’orientation en master, pour identifier les éventuels tests ou concours à préparer pour l’année suivante. C’est en deuxième année par exemple que l’on prépare idéalement le GMAT ou le GRE, qu’on anticipe sa préparation de matières scientifiques faibles quand on veut entrer à l’X, par exemple. Evidemment, un stage est bienvenu entre la 2e et 3e année. En L3, on candidate et on fait idéalement un semestre à l’étranger. Enfin, l'ensemble de ces années, on consacre du temps à cultiver ses centres d'intérêt, parce qu'ils sont un puissant marqueur de personnalité.


A l’écriture de ce billet, je me rends compte que tout cela peut donner une image très programmée des choses. Ce n’est pas le but; et on les voit les dossiers qui filent un peu trop droit, trop parfaits, sans âme, avec une seule visée utilitaire. Non, il s’agit uniquement d’éveiller approximativement à ce qu’est un calendrier honnête car trop d’entre vous découvrent trop tard ce qu’il aurait fallu faire; non pas donc de vous inscrire dans une démarche bêtement utilitaire, mais de vous encourager à cultiver VOTRE jardin, à vous donner les moyens d’être de vrais sujets, agissants. Et donc à ne pas vous laisser seulement bercer par votre emploi du temps scolaire ou universitaire.


François Morin

Coach admissions

 
 
 

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