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L’Université, plan B ? Ah bon ?

1 oct.
3 min de lecture

L’Université, en France, est encore souvent vue comme un choix de repli. « Evidemment, je vais ajouter quelques programmes universitaires » : voilà, en gros, ce que disent les élèves de terminale. L’Université est un plan B.


La « faute » à qui ? Aux prépas qui, apparaissent toujours comme un choix d’excellence, dans un système national depuis longtemps fondé sur les grandes écoles. Et auxdites grandes écoles directement qui, par l’ouverture de cursus post-bac, offrent des cursus vus comme plus attractifs parce que délivrés par des établissements reconnus (ou soi-disant reconnus), mais aussi parce que les cursus paraissent plus encadrés. Il est étonnant de voir à quel point l’encadrement pèse dans la balance. D’ailleurs, certaines universités, pourtant de second plan, font clairement leur beurre sur ce positionnement; ainsi l’ICP à Paris. Jusqu’à quel point est-on prêt à accepter d’aller dans des établissements de qualité moyenne voire médiocre pour certains, juste parce que l’on se sent plus rassuré, mieux tenu  ? D’autant que nous sommes là, le plus souvent, dans l’ordre de la perception plus que de la réalité : peut-on dire qu’un élève de bachelor d’école de commerce, avec 15h de cours par semaine, peu de travail personnel et un niveau académique souvent léger, est dans un environnement qualitatif ?


L’autonomie à l’Université est certes un sujet sérieux. Et quand on ne se sent pas être autonome, il est bien de l’identifier en amont. Toutefois, il ne faudrait pas non plus manquer ce passage nécessaire vers l’autonomie; c’est cela aussi le supérieur. Et qu’on ne s’y trompe pas, quand on entre dans un bachelor avec les mêmes 15h de cours et 500 ou 1000 élèves dans la promo, on est tout aussi livré à soi-même.


Parce que ce sujet de l’autonomie et de l’encadrement fait rater quand même l’essentiel. D’abord, l’Université est le modèle international. Quand vous allez faire des études y compris de business au Royaume-Uni, au Canada ou en Allemagne, vous êtes bien dans des universités. Et les universités françaises sont à ce titre les marques les plus puissantes à l’étranger (Paris Saclay, PSL). Ensuite, l’Université délivre des diplômes nationaux; une licence de mathématiques est une licence de mathématiques, point barre. Oui, il est préférable de la faire à Sorbonne Université. Il n’empêche qu’une licence de mathématiques faite à Limoges est une licence de mathématiques. A ce titre donc, l’Université a un effet « neutralisant ». Quand vous n’avez pas le niveau post-bac pour intégrer un très bon établissement, mieux vaut passer par l’Université plutôt que de traîner ensuite un établissement moyen, juste parce que vous ne vouliez pas aller à l’Université. On oublie aussi un peu vite que, dans l’ensemble, on travaille plus à l’Université que dans bien des programmes post-bac. D’ailleurs, les recruteurs au niveau master ne s’y trompent pas. Essayez de rentrer à l’Université après un bachelor d’école de commerce ! Pas impossible mais pas simple. De même à l’entrée des business schools. Il est surprenant de voir à quel point les bachelors des écoles de commerce ont du mal à entrer en Master in Management quand les collègues en Gestion (donc même sujet) à l’Université intègrent en nombre. Voyez comment les licences de maths, informatique, mécanique, chimie ou physique intègrent bien les cursus ingénieurs de l’X ou Centrale. L’Université offre enfin des cursus d’une grande richesse, avec des possibilités de double cursus, de cursus internationaux, laisse la part belle aux activités associatives pour peu qu’on n’attende pas que tout soit servi sur un plateau.


L’Université est définitivement le choix sous-évalué par le plus grand nombre. Elle est quasi-gratuite. Le rapport qualité-prix est imbattable. A considérer de toute urgence !


François Morin

Coach admissions

 
 
 

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