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Tout ce qui brille


Certains étudiants apprennent, à leurs dépens, que tout ce qui brille n’est pas or. Dans le choix des établissements d’enseignement supérieur, prime souvent la marque, sa puissance, sa renommée. Au point de faire des erreurs majeures. L’autre jour, j’ai été contacté par une étudiante en L1 à Sorbonne Paris-Nord, en quasi-détresse, parce qu’elle s’est rendue compte que l’université nord-parisienne qu’elle avait intégrée n’avait rien à voir avec Sorbonne Université (anciennement Paris IV et VI) ou Panthéon-Sorbonne (Paris I). Elle avait acheté le nom Sorbonne, mais elle se trouvait bien dans, jadis, l’université Paris XIII… à Villetanneuse. Deux salles, deux ambiances.


Cette recherche de bonnes marques est parfaitement légitime. Pour le comprendre, il faut passer par la théorie du signal. Au delà de ce que l’on apprend dans ses études supérieures, du fond donc, ce qui fait la valeur d’un diplôme, c’est la renommée de l’établissement qui le délivre et sa sélectivité. Un employeur sait qu’il a plus de chances d’avoir une personne de qualité sortant de LSE, HEC ou Polytechnique, parce que ces établissements ont déjà opéré une sélection forte. Il a accès aux meilleurs (l’information n’est pas parfaite mais c’est un signal pertinent, suffisamment fort). Il y a un vrai avantage à sortir de ces établissements; il est donc normal de les convoiter. On a pris en exemple ici les tous meilleurs, mais cela vaut aussi pour des établissements moins renommés, qui seront toujours plus renommés que d’autres. D’où le magnétisme des classements sur les étudiants et leurs familles, parfois jusqu’au ridicule (l’effet de renommée joue sur les tout premiers établissements, ensuite il s’érode très vite et les distinctions deviennent des épiphénomènes).


Les établissements d’enseignement supérieur jouent abondamment de l’effet de notoriété. Il suffit de regarder les nombreux atours dont ils aiment se parer : récompenses, classements, partenariats prestigieux. Il suffit de voir le nombre de familles qui tombent dans le panneau d’universités / cours à Oxford ou à Cambridge, juste localisés dans ces villes mais sans rapport avec les prestigieuses universités, pour s’en rendre compte. Un parent m’écrit : « Que pensez-vous d’Albert School ? Les étudiants peuvent partir en échange à Stanford ou Berkeley. » Sauf que l’école s’est bien gardée de communiquer sur le nombre d’étudiants concernés, 1, 2 ou 3 chaque année. Et ces pratiques ne sont pas l’apanage des écoles privées récentes. Quand on voit comment l’EDHEC a longtemps sur-vendu son partenariat avec Berkeley ! La moitié des candidats évoquaient Berkeley lors de l’entretien d’admission… sans savoir que seuls deux étudiants tout au plus partaient chaque année.


La vigilance s’impose donc et l’adage « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » est bon à rappeler.


François Morin

Coach admissions

 
 
 

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