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Double cursus, parfait pour se faire doubler !

Dernière mise à jour : 18 juin




C’est un réflexe bien connu. Quand on est élève de terminale ou parent d’un élève de terminale en France, on se dit que, faute d’intégrer une grande école ou une classe préparatoire, quitte à intégrer l’Université, mieux vaut opter pour un double cursus. Le sous-entendu : un diplôme de l’Université étant dans l’ensemble moins prestigieux qu’un diplôme de grande école, la double ration d’Université permet de compenser. On n’étudie alors plus seulement le droit mais le droit et l’économie, le droit et l’histoire ou le droit et la gestion.


L’idée est a priori bonne. Je ne m’étends pas sur ses avantages car je veux ici, au contraire, mettre en exergue ses inconvénients, trop souvent ignorés. D’abord, les notes obtenues au cours d’une double licence sont inférieures aux notes obtenues en licence simple. La charge de travail fait que l’on ne peut approfondir chaque discipline et naturellement on y excelle moins. Il est aussi très fréquent qu’une des deux disciplines vienne à dominer dans les intérêts et que l’on traîne la deuxième discipline non comme un fardeau mais pas loin. Lorsque vient la candidature en master, les programmes-cibles regardent très majoritairement les moyennes. Un 17/20 de moyenne en licence de droit sera toujours plus attractif qu’un 14/20 en droit et en économie. Mais, allez-vous dire, un double cursus n’a t-il pas une valeur en soi, qui vient s’ajouter à cette moyenne de 14/20 ? Dans les faits, très peu. Encore moins si, dans l’exemple ci-dessus, vous souhaitez poursuivre en droit. Même la business school préfèrera intégrer un crack en droit plutôt qu’un étudiant moyen ou juste bon dans deux disciplines. Cet argument n’est toutefois pas absolu;  il y a des contre-exemples. Pour passer le concours de l’X après une licence, une fois la moyenne minimale de 13 en L2 donnant droit de postuler obtenue, va prévaloir votre réussite aux épreuves. Et là, un double cursus maths-physique, par exemple, pourrait aider.


Ensuite, un double cursus étant chronophage, il laisse peu de temps à l’extra-académique : stages, centres d’intérêts, engagements associatifs, voyages (même les échanges internationaux au sein de l’Université sont restreints). Résultat : au bout de trois ans, votre CV est pâle comme un linge, vous êtes perçu comme un rat de bibliothèque. Quand on sait la valeur qu’ont ces expériences dans une candidature en master, c’est très pénalisant. A moins de postuler à des programmes orientés recherche, mais là encore, il sera préférable d’exceller dans une discipline.


Pour éviter de se tromper avec les doubles cursus, il est dès lors utile de se poser les questions suivantes :


  • Fais-je le choix d’un double cursus juste pour compenser la non-admission dans un autre programme sélectif jugé plus exigeant ? Si la réponse est oui, il y a de fortes chance que le double cursus ne soit pas la bonne option. Plus encore si vous souhaitez postuler à des programmes sélectifs trois ans plus tard.

  • Ai-je déjà connaissance d’un objectif de candidature après la licence ? Si oui, quelle sera la base d’évaluation de ma candidature alors ? Le double cursus sera-t-il valorisé et surtout plus que d’excellents résultats académiques et un CV dense ?

  • Le double cursus est-il chronophage ? Sont-ce deux domaines « pleins » ou bien l’un est un supplément ? Faire une double cursus droit - anglais sera toujours plus digeste qu’un droit - économie et l’anglais sera perçu comme une compétence additionnelle (au droit, qui sera la majeure), par ailleurs universelle, plus que comme deuxième discipline.

  • N’y a t-il pas d’autres options dans l’université permettant d’assurer un niveau d’exigence élevé ? Dans le cas du droit, intégrer les petites cohortes d’un Collège de droit en licence a un impact bien plus fort qu’une double licence.


Ce billet a pour simple vocation de vous faire réfléchir. Un petit caillou, à mon sens nécessaire, dans la grande machine à double cursus développée par l’Université. 


François Morin

Coach Admissions

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